vendredi 20 juillet 2012

16/07/2012 : ICW

Comme tout cap qui se respecte, le Cap Hatteras a la réputation d’être dangereux (fort courant et grosse mer). Cette réputation est confirmée par les très nombreuses épaves de bateaux qui jonchent les cotes de cette pointe. La traversée par l’intérieur semble donc plus prudente…

La remontée des canaux entre Beaufort (prononcé à la française en Caroline du Nord ) et Norfolk (au nord du Cap Hatteras) se fait essentiellement au moteur (vitesse moyenne 4 nds). Dans les bassins navigables à la voile, le vent sera de face et trop  faible pour envoyer la toile.
Le grand jeu consiste à repérer les poteaux balisant le chenal  de l’Intra Costal Waterway (ICW) dragué entre 3 et 7 mètres. Il suffit d’anticiper sa consommation de gasoil de la journée (ou des jours suivants) et le mouillage possible pour la nuit pour que cette bucolique balade reste paisible…
Les 170 mn qui séparent Beaufort de Norfolk se feront en 5 jours :
1-      Beaufort - Oriental : 20 mn (5 heures)
2-      Oriental – Pungo Creek : 40 mn (10 heures)
3-      Pungo Creek – Little Alligator River : 44 mn (11 heures)
      4-      Little Alligator – Elizabeth CIty : 30 mn (7 heures)
5-      Elizabeth City – Norfolk : 36 mn (9 heures)



Les paysages champêtres se succèdent. Les canaux sont bordés de magnifiques maisons possédant leur ponton privatif, de forêts, mangrove…. Je profite donc tranquillement de la faune (pélicans, aigles, échassiers,… et même quelques dauphins…)

Le rythme est donné par les heures d’ouverture des ponts et des deux  écluses situées sur le Dismal Swamp Canal. Ce dernier, creusé par des esclaves en 1793 est le plus vieux canal des USA. G. Washington et 5 autres investisseurs commencèrent sans succès le projet, qui repris par d’autres, devint une voie fluviale importante, jusqu’au creusement d’un canal concurrent, puis le déclin du transport maritime. C’est maintenant une voie d’eau touristique entretenue par le Génie de l’armée.
Le Dismal Swamp Canal est séparé en son milieu par la frontière entre l’état de Caroline du Nord et celle de Virginie : qui dit frontière, dit information des douanes et de l’immigration américaine…
De nombreux plaisanciers circulent en bateau à moteur (« pêcheurs  du dimanche »), toujours très courtois, ils ralentissent (pour éviter de faire des vagues) et saluent d’un petit signe de la main…
Apres 5 jours de paysages bucoliques, la traversée de Norfolk est saisissante : ville industrielle et première base naval américaine !!!



Mais dans l’intracostal Waterway (ICW) il faut se méfier, néanmoins, de la fausse impression de sécurité :
-          Les canaux sont parfois peu larges et hors de ceux-ci il y a vite peu de profondeurs (tronc d’arbres, souche, branchages…). Il faut donc être vigilant à sa route et avoir l’œil « visser » sur la profondeur. Les longs canaux rectilignes et les larges bassins permettent néanmoins de mettre le pilote automatique pour vaquer aux occupations quotidiennes. Aidé par les cartes électroniques (gratuites aux USA sur le site NOAA) et du GPS, la navigation s’en trouve assez simple.

Comme sur les autoroutes, l’ICW est balisé de borne indiquant les mile (Mile 0 à Norfolk – Mile 203 à Beaufort)

-          Toujours et encore la météo : Sirius a affronté plusieurs orages impressionnants (50 nœuds de vent voire plus avec le bateau couché dans l’eau…). Je prépare donc chaque départ comme une sortie en mer (bateau impeccablement rangé, vêtements de pluie à porter de la main…). Les orages étant accompagnés de violents éclairs pouvant irréversiblement endommager le matériel électronique à bord, la prise de l’antenne VHF (dont l’antenne en haut du mat ferait office d’un splendide paratonnerre) est dégagée du vaigrage (plafond du cockpit intérieur) pour être débranchée au plus vite.

Je ne rencontrerai que des conditions clémentes (au max 30 nds de vent au mouillage) accompagnées  de grosses averses…

De mauvaises conditions dans les canaux me semblent plus complexes à gérer qu’en pleine mer où il est toujours possible de prendre la fuite (manœuvre consistant à se laisser pousser par le vent et la houle)…

-          De nombreuses barges et bateaux de pêches circulent sur les canaux, AIS branchés…



-          Les fonds semblent peu « accrocheurs » : le bateau a dérapé deux nuits de suite (ce qui ne m’était qui très rarement arrivé jusqu’à maintenant) dans 3 mètres d’eau, sans vent… mais du courant.





Prochaine étape… New York City !!!