Me voila de retour après un silence forcé : plantage Windows 7 !!!
Je repars donc de Trinidad avec une version américaine de W7 et un clavier qwerty…
Un grand merci à Matthieu qui m’a dépanné de l’autre coté de l’Atlantique par sms…
Je récupère donc mon retard…
En Martinique, je découvre les plages paradisiaques et retrouve toujours avec autant de plaisir Nuages au lendemain de leur traversée de l’Atlantique (ils ont rencontré quelques problèmes techniques) et Ster Vraz. Nous fêterons nos traversées comme il se doit au Champagne s’il vous plait (merci à Ron et Melanie…)
De Martinique, je suis parti pour Trinidad : 230 mn plein sud. Trinidad est une ile indépendante au nord du Venezuela , donc tout au sud de l’arc Antillais.
Petite nav d’une quarantaine d’heures en longeant sous le vent (coté mer des Caraibes) Sainte Lucie et Saint Vincent, puis slalom entre les iles des Grenadines pour passer au vent (coté mer Atlantique) de Grenada. Et enfin, un saut de 90 mn pour arriver à Trinidad.
La mer, comme au milieu de l’Atlantique est d’un bleu « profond » (que l’on ne retrouve pas près des côtes)…
La navigation a été très agréable avec du vent de 10 à 15 nds sous le soleil : j’étais d’abord au portant puis progressivement le vent a tourné et je me suis retrouvé au près bon plein. Je présume donc que la remontée va être plus sportive au près serré avec la houle dans le nez… enfin c’est une autre histoire !
J’avais calculé une arrivée à Trinidad de jour afin d’être le plus serein possible pour passer entre les ilots. A deux heures du matin, j’étais à 10 mn de Trinidad et ne percevais aucun des phares indiqués sur les cartes (j’apprendrai plus tard que les phares n’existent plus !!!) : je me suis donc mis à la cape (génois à contre ; GV descendue = le bateau arrêté a dérivé confortablement au gré du courant, soit 5 mn en 4 heures). Cela m’a permis de me reposer tout en faisant une veille toutes les 30 minutes.
Je n’étais pas seul, l’atmosphère était « fantomatique » : une dizaine de plateformes pétrolières éclairées sont mouillées dans une cinquantaine de mètres d’eau devant Trinidad.
Au levée du jour, j’ai donc renvoyé la toile pour atteindre Trinidad : première halte administrative à Chaguaramas. Un tas de paperasses à remplir à l’immigration puis aux douanes et une « obole significative » à verser. Cela a été l’occasion de rencontrer d’abord un couple de suisse qui navigue dans la région depuis 15 ans puis un français. Ils tenaient tous les mêmes propos : « attention aux vols » « il ne faut pas trainer seul dans les rues de Port of Spain (principale ville de Trinidad) la nuit. L’alcool et la drogue accentuent la criminalité pendant le Carnaval, c’est la fête !!! »… Dans une autre marina, on m’expliquera qu’il ne faut pas aller dans certains mouillages au risque de se faire braquer avec un « gun». (là, j’ai tout compris !)
« Bienvenue à Trinidad… »
Le pilote côtier annonçait juste qu’il fallait faire attention aux vols sur les bateaux !
Je suis donc retourné à Chaguaramas Bay pour mouiller mon ancre. Chaguaramas semble être la seule marina et mouillage sécurisés.
Pour clôturer cette première journée à Trinidad, un taxi me confirme que le carnaval commence à 4 h AM.
Debout donc le 20 au matin à 3 h AM dans l’espoir de trouver un taxi disponible dans la marina à 30 minutes en voiture du centre ville de Port au Spain.
En 5 minutes, je trouve un taxi avec 6 norvégiens (venus en bateau) qui se rendent au carnaval. Très rapidement, ils me proposent de les accompagner : au vu de l’insécurité annoncée, j’accepte immédiatement : à 7, nous ne devrions pas être ennuyés…
L’insécurité étant ma principale préoccupation, je ne suis parti qu’avec des vêtements discrets (voire un peu sales…), quelques dollars, le téléphone portable et ma CI (sans appareil photo, sac…)
Nous assistons donc à cette première matinée : parade non déguisée, musique à fond et « lancer de couleurs »…
A midi je fais connaissance avec des trinis (habitants de Trinidad), des amis des norvégiens : Margrit et sa fille. Marggrit est suisse et habite Trinidad depuis 15 ans. Elle a rencontré son mari lors d’un carnaval !
Les norvégiens participant à la parade, Marggrit me propose de l’accompagner.
En quelques chiffres :
- Second carnaval au monde après le Brésil,- 18 groupes de 1 à 4 milles figurants déguisés de 7 à 77 ans.
- Chaque groupe est constitué de plusieurs remorques (tirées par des 33 tonnes) : une ou deux sonos, un bar et des toilettes ambulants.
- Chaque groupe est sécurisé par un cordon,
- 1 millions de visiteurs sont attendus
Pour sécuriser le carnaval : la police armée (de mitrailleuses, de gilets par balles…) et des militaires patrouillent constamment. A chaque point d’entrée et de sortie de la ville, des barrages sont disposés.
Pour participer à la parade, il faut s’inscrire dans un groupe. Le service rendu par le comité d’organisation est complet : costume, boissons à volonté (et pas que de l’eau…), musiques et donc toilettes... et encore un cordon de sécurité.
Margrit me présente son mari Michael (musiciens dans une bande) et des amis suisses, présents pour le carnaval. La communication est facilitée car les suisses et Margrit parlent très bien français.Pour participer à la parade, il faut s’inscrire dans un groupe. Le service rendu par le comité d’organisation est complet : costume, boissons à volonté (et pas que de l’eau…), musiques et donc toilettes... et encore un cordon de sécurité.
Encadré par Magrit et Michael, je profite donc pleinement du carnaval. Michael m’emmène voir le passage de la parade dans les coins « stratégiques » et me l’explique (en anglais).
La parade est spectaculaire : les costumes sont magnifiques, les filles superbes, l'ambiance est entrainante,...
Le soir venu, ils me convient à diner chez eux : nous y parlerons anglais (langues de trinidad), suisse-allemand et français… Michael me raccompagnera au port afin que je ne traine pas dans la ville la nuit : véritable coupe gorge !
Le 21 au matin, j’assiste à la parade seul (sans risque). Le volume sonore est tellement élevé que je porte (comme beaucoup de personnes) des bouchons dans les oreilles.
Je retrouve Michael, Margrit et leurs amis suisses l’après-midi : un peu par hasard… (mon tel ne semble pas bien fonctionner en réception à l’international.)
Le carnaval se clôturant à minuit, nous (les suisses et moi) restons pour danser dans les rues jusqu’à la fin.
A minuit, nous commençons à ressentir une certaine « électricité » dans l’air : bousculades, bagarres…
Il est temps de partir. Ne trouvant pas de taxi, nous suivons un trini qui nous assure savoir où nous pourrions en trouver un : il ne faut pas suivre un « inconnu » dans les petites rues désertes de Port of Spain, nous le savons tous et n’en menons pas large. Le trini arrête une voiture (pour quelques dollars trini) au hasard et nous arrivons à bon port quelques minutes après.
Arrivée chez Michael et Margrit, nous apprendrons que c’est une pratique courante mais qui comporte néanmoins des risques. D’ailleurs, une voiture de police s’est arrêtée pour nous demander si tout était OK.
Le même soir, la fille de Michael et Margrit a carrément était raccompagnée « at home » par une voiture de police car elle se trouvait dans un quartier dangereux : le même que le notre quelques minutes auparavant !!!
Apres une bonne douche, Michael me propose de dormir sur place.
Rencontre incroyable avec des trini « hyper » accueillants !!!
Michael tient à m’offrir un cd de musiques locales et Margrit du chocolat suisse…
Je rejoindrai les suisses à Tobago dont Mikaela qui fait un tour du monde en solo.
Mikaela cherche un moyen de transport pour rejoindre la Dominique… pourquoi pas en voilier…
Je suis resté une semaine au mouillage puis à la marina de Chaguaramas pour bricoler (installation d’anneaux pour remplacer le rail de tangon arrache, entretien du moteur : vidange, changement des filtres…) et quelques améliorations (installation d’une pompe d’eau de mer, d’un tranfo 12 V / 220 V…) J’ai trouve un spi asymétrique d’occasion (état neuf) avec une chaussette qui fera très bien l’affaire… J’y ai aussi fait connaissance avec quelques français en vadrouille : Thierry, Pascal… qui sont des barroudeurs des mers depuis des années : leur expérience m’est essentielle pour connaitre les zones sujettes à la piraterie et les petits coins de Paradis a ne pas manquer…
La zone à éviter est la cote sud de Trinidad et la cote nord du Venezuela qui s’étend de Trinidad à l’ile de Margarita ainsi que Los Testigos…
Les cotes colombiennes, même si elles ne sont pas sans dangers, semblent plus sécurisées que ces dernières années !
Cette escale a aussi été l’occasion de visiter le zoo de Port of Spain (un peu triste…) et un parc naturel (abondante réserve d’oiseaux). Malheureusement, cela se fera sous la pluie et nous (avec Thierry) partagerons notre embarcation avec un bruyant groupe d’américains (une vrai caricature : grignotage constant d’hamburgers !)
Prochaine étape Tobago où je dois retrouver Mikaela...